Une promesse faite à Horta.

des visages des figures

Il y a de ces moments magiques, comme suspendus au sourire espiègle d’un hasard faisant les choses bien. Il est rieur ce hasard d’ailleurs me dit-elle, et nous avions convenu que ce devait être un genre d’épithète à la con, un pastiche de providence goguenarde où le temps serait suspendu, puisque la rencontre était si belle, et qu’à 30.000 pieds au-dessus de l’océan ça faisait sens. Ça faisait surtout deux épithètes, nous étions vernis.

J’avais au départ la mine taciturne avec la bosse d’un choc frontal sur le haut du crâne. Qui pouvait s’y attendre aussi, à part elle. Un qu’es-tu venu faire au Canada venu briser ma torpeur à peine feinte, s’était alors immiscé entre des syllabes qui fuyaient et cherchaient par où commencer. Sortir de ma bouche, par une réponse simple, l’invitation n’était décidément pas très compliquée. J’avais 8 heures à passer à côté de ce petit bout de femme, et j’ai tout naturellement accepté. Faire la connaissance d’une amie, et découvrir le Québec.

Faire la connaissance d’une amie… c’est joliment dit, j’aime cette formulation, et c’est alors qu’elle me conviait à l’ivresse du présent.

Il n’était dès lors plus la peine d’évoquer les choses, peut-être les vies d’avant, pas même le Mexique olympique de 68, ni le fantôme de ces vingt-quatre colonnes qui sont autant d’ombres qui ne cessent de nous poursuivre. Enfin, moi. J’étais vorace de ses paroles, insatiable d’une vision, d’un regard. Sur ce Montréal – Bruxelles, je rencontrais Horta Van Hoye.

C’est drôle, mais à l’écrire, tout le reste me paraît vain.

Elle a mimé les gestes, affiné les contours, et reproduit cette essence, cette fulgurante créatrice sans attache ni coups de ciseaux. Là, sous la lumière fragile de la cabine, je n’en perdais pas une goutte. Puis elle m’a dit, tu verras.

Elle me parlait d’Arvo Pärt lorsque de la scène surgissait des transparences, d’une Belgique si lointaine sous les visages de papier que j’essayais d’imaginer la musique et les fenêtres d’une cahute des Laurentides ou de Mauricie, je ne sais plus quand elle m’a dit tu viendras. Lorsque tu seras de retour au Canada, tu viendras.

Je lui ai répondu oui.

15 mois plus tard, j’étais de retour, mais quelques années après, j’ai honte de n’être toujours pas venu.

 

Son site: Horta Van Hoye.

Crédits photo: nanegrub.

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2 Commentaires

  1. Avatar

    Lucette MacDougal

    15 février 2020 at 08:57

    Houston, Montréal t’attend. 😉

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    • Avatar

      Houston MacDougal

      16 février 2020 at 05:05

      Haha! J’espère! Je t’embrasse! 😉

      Répondre

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