Une escale à Whitehorse.

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Sur nombre de brochures vantant la ville dans toute sa splendeur, on peut souvent lire que Whitehorse est la plaque tournante du territoire, un arrêt incontournable pour les voyageurs qui empruntent la route de l’Alaska, mais également la route du Klondike. Un point d’entrée au Yukon pour ceux qui viennent de loin, elle invite à l’aventure comme ceux qui s’y élancent dans la Yukon Quest, ou plus sobrement dans un road trip vers le nord depuis celle qu’on appelle la ville en pleine nature. Elle n’est qu’à 150 km d’un site classé à l’UNESCO, le parc Kluane, et ouvre sur un territoire sauvage où la nature s’exprime en lettres majuscules. D’ailleurs, « on raconte que le nom de Whitehorse a été donné à la ville par les chercheurs d’or qui trouvaient que les eaux bouillonnantes des rapides du canyon Miles ressemblaient à la crinière de chevaux blancs au galop. »

 

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Quelques mots d’histoire et autres généralités.

Cette petite capitale de 25.000 habitants n’a été constituée qu’en 1950, mais dès 1898 elle était le point de départ de la navigation sur le fleuve Yukon, au moment de la ruée vers l’or du Klondike. Autant dire qu’il ne fallait pas être un pied tendre dans les ruelles boueuses et avides de ce repère malfamé qu’était la bourgade à l’époque. Véritable étape pour les prospecteurs, au-delà de deux obstacles majeurs sur la rivière (Miles Canyon et ses rapides voir infra), la ville qui connut la présence des Premières Nations bien avant cela (on y a retrouvé des artefacts datant de 2500 ans!) a explosé à partir du début du siècle dernier, et le chemin de fer y fut pour beaucoup: la fameux White Pass and Yukon Route.

Moderne, Whitehorse demeure une ville à l’échelle humaine, sans building, sans constructions tapageuses et où on peut tout faire à pied (sous son grand manteau l’hiver, faut pas abuser). On dirait un village où tout le monde se connaît. Là-bas, les températures sont tempérées l’été, avec une moyenne située entre 15 et 20° (c’est en juillet qu’il fait le plus chaud) et de belles journées où le ciel reste clair pendant 20 heures. Attendez-vous à une première nuit en décalée si vous n’en avez pas encore fait l’expérience. Quant aux températures hivernales, y fait frette en hostie et il vaut mieux sortir couvert, bien emmitouflé (on est sur une moyenne de -15 -20° en décembre et janvier).

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5 attractions qu’on aime à Whitehorse.

C’est une série en forme de suggestions, ne criez pas au scandale ou à l’imposture si votre spot préféré n’y figure pas. On ne prétend pas être objectif, bien au contraire, et on se propose simplement de vous donner quelques pistes.

  • Le S.S Klondike.

Sur la fiche de Parcs Canada, on apprend qu »au cours de la première moitié du XXe siècle, les bateaux à aubes de la British Yukon Navigation Company sillonnaient le fleuve Yukon entre Whitehorse et Dawson. Le S.S. Klondike était le plus grand de la flotte. Fièrement installé en cale sèche en bordure du fleuve Yukon, le S.S. Klondike a été méticuleusement restauré et meublé. Une belle façon de rendre hommage à l’époque d’avant les routes, alors que les bateaux à aubes et le chemin de fer reliaient le Yukon au reste du monde« . L’entrée est gratuite, et il est possible de faire une visite guidée, en français même (6,05$).

  • MacBride Museum.

Le premier musée du Yukon, récemment agrandi, offre une vue complète des personnes résilientes et des événements novateurs qui ont façonné l’histoire du territoire. Abritant 40 000 objets, ces galeries illustrent des histoires des Premières nations du Yukon, du monde naturel, de la ruée vers l’or du Klondike et de bien d’autres. Ça fleure bon éclectisme. Ce qu’on a retenu et pour synthétiser, c’est que MacBride est un excellent résumé de l’histoire de Whitehorse et de la ruée vers l’or, et pour 10$, on a de la culture à se mettre sous la dent.

  • Takhini Hot Springs (hors Whitehorse).

Takhini Hot Springs est une source thermale naturelle située juste à l’extérieur de Whitehorse, à une demi-heure de route (à 28 km du centre-ville). En fonctionnement depuis plus de 100 ans, les piscines thermales sont à des températures de 36° C pour l’une, et 42° C pour l’autre, et forcément riche en minéraux, mais avec l’heureuse particularité de ne pas sentir le soufre. Connu déjà des peuples des Premières Nations, l’endroit est aujourd’hui très prisé. En hiver, The International Hair Freezing Contest fait la part belle aux coiffures les plus déjantées dans un concours où finalement la récompense importe peu.

  • Miles Canyon (hors Whitehorse).

Miles Canyon marquait autrefois le début des rapides qui donnèrent leur nom à la ville de Whitehorse située quelques kilomètres plus au nord. À l’origine appelé Grand Canyon, Fredrick Schwatka l’a renommé en juillet 1883 Miles Canyon après le général Nelson Miles. Schwatka a écrit: «À travers cette étroite goulotte de roche ondulée, les eaux sauvages de la grande rivière se jettent dans une masse parfaite d’écume ressemblant à du lait, avec une réverbération audible sur une distance considérable. » Bien que les comptes diffèrent quant à la férocité des rapides, il ne fait aucun doute qu’ils étaient très dangereux. Pendant la ruée vers l’or, des centaines de bateaux chargés de matériel précieux ont été perdus. Aujourd’hui, la retenue créée immédiatement en amont de Whitehorse fait que ces rapides sont devenus pratiquement inexistants, noyés sous 10m d’eau. Tout au plus y a-t-il une accélération du courant dans Miles Canyon. En amont, on peut visiter le site historique de Canyon City, ville fantôme importante au début de la ruée vers l’or, et site occupé bien avant déjà par les Premières Nations amérindiennes.

  • Yukon Beringia Interpretative Center.

Le centre d’interprétation se concentre sur l’histoire de la Béringie, une chaîne de 3 200 km qui s’étend de la rivière Kolyma en Sibérie au fleuve MacKenzie au Canada, qui n’a pas été recouverte de glace pendant le Pléistocène en raison des faibles chutes de neige d’un climat aride. Ces périodes de glaciation ont entraîné une chute du niveau des eaux à l’échelle planétaire de l’ordre de 100 à 150 m, et mis à nu le lit de la mer de Béring, qui devenait ainsi un pont terrestre reliant l’Alaska à la Sibérie. De vastes étendues libres de glace ont donc permis aux hommes et aux animaux de venir peupler les Amériques.Venez découvrir cette Histoire.

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Sources: Yukoninfo; l’Encyclopédie Canadienne.

Pour aller plus loin: Travel Yukon.

Crédits photo: (1) matador; (2) US Ambassy Canada; (3) Gareth Sloan; (4) Takhini Hot Springs; (5) grampymoose.

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