Sans filtre: Eva et le Canada.

uwo

Seconde partie de l’interview d’Eva. Cette fois, elle nous raconte dans les grandes lignes son expérience canadienne, plus seulement de l’université.

 

  • Tu nous parles de ton adaptation?

Allez.

Des difficultés particulières?

Je suis quelqu’un d’assez à l’aise et je m’adapte vite. La difficulté principale c’était la langue.

Oui parce que tu n’étais pas bilingue.

Du tout.

Et que tu as escroqué ton TOEFL.

Ils l’ont perdu! Donc la langue c’était compliqué au début avec mes colocs surtout. Avec de grands moments d’incompréhension totale. Mais très vite j’y suis allée, je me suis mise à parler même si c’était foireux, et en fait petit à petit j’ai vite appris à me débrouiller. Même en faisant des erreurs les gens sont cool et ils t’aident. Je me rappelle quand même, parfois, je n’arrivais absolument pas à me faire comprendre et c’est très frustrant, mais ça vaut pour les 2 premiers mois, c’est un cap à passer.

Et le choc culturel?

Je ne l’ai pas vraiment vécu. Il y avait surtout de petites habitudes qui me faisaient rire, des petites choses auxquelles tu n’es pas habitué, mais tu apprends vite à l’être. C’est plus une question de mentalité où certaines choses pouvaient me perturber. En France on est des râleurs, on est toujours en train un peu de gueuler et de ne pas se laisser faire justement par rapport à ce qui ne va pas. Là-bas ils laissent passer, et c’est vrai qu’il y avait des moments je me rappelle quand on fait la queue pour aller en boîte ou dans les pubs, parce que c’est le principe là-bas, à partir d’une certaine heure par exemple tu fais la queue, même si le bar est vide: me les geler, parce qu’il fait froid, pour faire une line-up alors qu’il n’y a personne dans le bar et qu’ils te font juste attendre, c’était con, et même temps dès que tu commençais à monter la voix dans la file, t’as tout le monde qui te regarde genre… Et je me souviens d’un grand moment avec mon coloc. Je regardais TV5 Monde pour savoir un peu ce qu’il se passait, il y avait une manifestation en France contre Bush à l’époque, et mon coloc ne comprenait pas ce genre d’évènement parce que ce n’était pas notre président. Il y avait juste le côté on manifeste quand même notre mécontentement, tu vois. Je me rappelle de cette soirée à essayer de s’expliquer et juste cette incompréhension en fait. Le côté « mais ça sert à rien », « oui, mais on exprime notre désaccord »…

Donc globalement ça a été?

Oui, je ne suis pas sûre qu’on puisse parler de choc, juste des incompréhensions, puis des moments d’adaptation car tu n’as pas les mêmes réflexes ni les mêmes façons de procéder, mais il n’y a pas eu la violence du choc.

  • Qu’as-tu préféré?

Je sais pas. J’ai aimé vivre une autre vie pendant un an en fait. J’ai aimé l’expatriation, la parenthèse, le côté déconnexion de ta vie, tes habitudes, ton quotidien.

  • Et inversement, qu’as-tu détesté?

Je ne sais pas s’il y a quelque chose que j’ai détesté, même comme ça, avec le recul 15 ans plus tard. Après la vie étudiante n’a rien à voir avec la vie active, on porte donc un regard différent.

  • Qu’est-ce qui t’a le plus manqué de France?

Le fromage.

Même pas la famille! Le fromage n’arrive qu’en deux normalement quand on pose la question. T’aurais pu dire le pain aussi?

Oui, le pain n’est pas bon, mais il y a du pain de mie. Le fromage il n’y en a juste pas. Le cheddar c’est pas du fromage! Et la famille forcément, mais ça coulait de source!

  • Depuis ton retour, qu’est-ce qui te manque le plus du Canada?

Le latte à la vanille que je prenais tous les matins chez Tim Hortons.

  • T’as vu du pays?

Oui! J’ai fait le Québec en 10 jours, on est même monté dans le nord, super haut jusqu’où la route s’arrête. On avait pris un bivouac sur 2 jours pour faire du chien de traineau et du Ski-Doo. Tout ça en partant de London! On a fait les villes, Montréal, Québec, et de la pêche sous glace. Je suis aussi allée 2 fois à Niagara Falls, été comme hiver. C’est beaucoup mieux l’hiver car c’est plus beau et il y a moins de monde. Par contre c’est Las Vegas. J’ai fait Toronto plusieurs fois, et je suis allée sur le Lac Huron.

Du coup ton meilleur souvenir?

On a donc fait une rando de 2 jours en Ski-Doo, avec tout un trajet et à mi-chemin on avait un hôtel réservé. On a sympathisé avec la gérante du resto et le barman, on a passé toute la soirée avec eux. Ils nous laissaient aller derrière le bar et ça a été fou. Toute la nuit, nous l’avons passée à boire et discuter, on leur a fait goûter de la Chartreuse. Une soirée inoubliable.

Donc ton meilleur souvenir c’est une beuverie!

Oui, mais pas que. Le premier barbecue sous la neige aussi c’était cool, ces petites choses qui font partie de l’expérience canadienne!

  • Un souvenir horrible?

Je sais pas si c’est le pire, mais c’est un souvenir de merde. En fait j’étais avec des sportifs, on est monté en haut du fjord du Saguenay parce qu’un ami disait qu’on pouvait voir les baleines.

Attends, en plein hiver, vous l’avez cru? Les baleines elles sont tirées bien loin à cette période!

Oui, en plein hiver! Il m’a fait grimper toute une journée dans la neige, j’en avais jusqu’à la taille. Je pleurais, j’en pouvais plus, je galérais et il me donnait un bouchon de Chartreuse à chaque fois que j’arrivais à m’extirper de la neige pour avancer de deux ou trois pas. C’est un super souvenir maintenant c’est marrant, mais à la fois ça me rappelle à quel point ce jour-là j’en ai bavé. Donc on n’a jamais vu la moindre baleine.

  • Un truc que tu as ramené du Canada et qui te colle encore à la peau?

Ma tenue UWO! Je la squatte encore.

Pas forcément un objet, ça peut être une expression…

Nope. Je l’écris souvent en sms. Yep aussi. Sinon une expression que j’avais là-bas, que je n’ai plus, mais que j’ai gardée un moment c’est le « awesome » que tout le monde disait. C’était la mode, l’expression de génération. En dehors de ça j’ai ramené mes potes.

 

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Un commentaire

  1. Fourchette Gourmande

    16 juin 2018 at 06:20

    Plaisant ce genre d’interview 😉

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