S’inscrire à Pôle Emploi avant de partir au Canada

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On se demande souvent dans quelle mesure il est possible de bénéficier des aides ou allocations que l’on perçoit en France, mais à l’étranger cette fois. Histoire d’avoir un petit quelque chose avant de commencer là-bas, et lorsqu’on est sur cette thématique, forcément, on parle de Pôle Emploi et de son spectre imposant nommé radiation. Oui, les rendez-vous obligatoires, les ceci, les cela… et pourtant, la réponse est limpide.

S’inscrire à Pôle Emploi avant de partir et de quitter le territoire national peut apparaître à première vue un peu nigaud, mais ça, c’est parce qu’on est poli, en vérité on a beaucoup plus de vocabulaire. La question de s’inscrire se pose véritablement dans le cas de figure où votre situation vous donne droit aux allocations chômage, puisque vous aurez la possibilité de geler ces droits facilement, et de les réactiver intégralement lors de votre retour en France. L’enjeu, c’est ça.

La procédure.

Elle n’est pas du tout complexe, mais puisqu’il s’agit de se frotter à un Léviathan, Pôle Emploi, forcément ça fait un peu peur. Pas de souci, on est là pour vous tenir la main.

L’inscription.

Votre contrat de travail a pris fin, ni une ni deux, vous composez le 3949 pour vous pré-inscrire et prendre un rendez-vous de validation d’inscription par téléphone. Si vous n’avez absolument aucune confiance en ce service (no comment), faites-le via internet. Il ne faut pas tarder si vous avez prévu de partir rapidement. Ce premier rendez-vous est indispensable car il ouvrira vos droits, n’oubliez donc aucune pièce justificative, à savoir:

  • Une pièce d’identité valide.
  • Le / les attestations de chacun de vos employeurs des 28 derniers mois. Attention pas de copies, mais bien les originales.
  • Copie de votre carte Vitale.
  • Un Relevé d’Identité Bancaire.
  • Un Curriculum Vitae.

Abstraction faite des regards en coin et de l’atmosphère suspicieuse, vous oublierez de dire à votre conseiller que vous prévoyez de vous tirer fissa. Jouez-la sournoise, vous n’êtes pas contre une petite expérience internationale puisqu’il faut bien chercher du taf. N’oubliez pas que le but ici n’est autre que de valider votre inscription, ne brûlez pas les étapes.

A la fin de votre entretien où vous aurez courageusement tenu votre plus beau sourire, quoiqu’un peu crispé et c’est bien normal, vous aurez la bonne nouvelle d’apprendre le montant et la durée de votre indemnisation. Vous ne vous attendiez pas à ça, mais sachez qu’eux non plus! En guise de récompense, vous recevrez bientôt votre attestation ainsi que votre carte d’allocataire par courrier.

Rappel des conditions pour prétendre aux allocations.

Le principe veut que seules les personnes qui « perdent involontairement » leur emploi soient concernées. On l’a vu s’agissant de quitter son travail avant de partir au Canada: sont  ainsi visés le licenciement, la fin d’un CDD, ou encore la rupture conventionnelle.  Sauf exception, la démission n’ouvre donc pas droit au chômage.

De plus, vous devez justifier de 122 jours d’affiliation ou 610 heures de travail au cours des 28 mois qui précèdent la fin du contrat de travail pour pouvoir ouvrir des droits.

Le gel des droits.

Vous devez le faire lorsque vous partez. Le gel de vos droits au chômage vous permet de les conserver sur une période de 3 ans, plus la durée de votre indemnisation. En gros, vous êtes retiré de la liste des demandeurs d’emploi, et vos droits se réactivent lorsque vous redevenez demandeur d’emploi. Il y a plusieurs façons de procéder.

  • Lors de votre actualisation mensuelle. Vous cochez que vous n’êtes plus en recherche d’emploi.
  • Par LRAR (lettre recommandée avec accusé de réception) adressée à votre agence Pôle Emploi. En objet: demande de gel de vos droits et allocation chômage. En explication: je vais faire un tour, m’attends pas! Voilà, vous partez, et vous ne serez joignable que par courriel désormais.

Lorsque vous rentrerez, il ne vous suffira plus qu’à vous réinscrire en tant que demandeur d’emploi pour que vos droits se réactivent.

Peut-on quand même toucher ses allocations une fois parti?

C’est une question redondante, donc on en parle.

  • Le chômage.

Dans la mesure où l’on peut toucher son chômage lorsqu’on est en recherche active d’emploi, et en France, on se rend bien compte qu’il y a déjà là un antagonisme, dans l’hypothèse bien sûr où vous comptiez percevoir ces allocations à l’étranger. Beaucoup le font, mais peut-être ne savent-ils pas que c’est illégal, d’où ce que l’on vient de voir concernant le gel des droits. Il n’y a pas grand-chose à ajouter, peu importe que l’on soit d’accord avec ça, ou pas.

  • La question du RSA.

N’en déplaise à certains, n’escomptez pas non plus traverser l’Atlantique en vous imaginant que vous pourrez vivre aux frais de la princesse. Toucher le RSA alors qu’on est en PVT par exemple, est absolument illégal. La raison est toute simple: pour en être bénéficiaire, il faut résider en France de « manière stable et effective« , c’est-à-dire au moins 9 mois par an ou de date à date. Il n’y a pas de resquille possible, il s’agit là d’une condition d’attribution du RSA (entre autres).

  • 35 jours d’absence autorisés.

Il est possible toutefois de bénéficier de ses allocations chômage ou de son RSA pendant 35 jours après votre départ pour le Canada, qui correspondent à la durée de jours d’absence cumulés autorisés par Pôle Emploi sur une année. Attention, si vous en avez déjà déclaré, ceux-ci seront automatiquement décomptés de votre total. Il faut bien entendu veiller à ce que votre situation soit à jour, c’est-à-dire qu’il faut prévenir de cette période d’absence ( sur votre profil Pôle Emploi). À l’issue de celle-ci, actualisez votre situation: vous ne recherchez plus d’emploi, le gel de vos droits commence. Concernant les allocations chômage, sachez que ces jours d’absence sont déduits de votre période d’indemnisation. Pour le RSA, en fait, vous gagnez un mois.

N.B: si d’aventure quelques pointes de sarcasme ont pu fleurir ici ou là sur Pôle Emploi,  c’est qu’on en a gros.

Source: Service-Public.

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2 Commentaires

  1. El Parigo

    22 novembre 2015 at 12:51

    Thanks pour ces conseils et ces infos, c’est cool, j’avais entendu parler de ces 35 jours d’absence mais je ne savais pas qu’on pouvait les « rentabiliser » de cette façon, ça le fait!

    Répondre

    • Houston MacDougal

      23 novembre 2015 at 00:46

      Effectivement, très utile pour un départ, le temps de s’installer et de trouver ses marques.

      Répondre

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