Mobilité francophone.

poisson bocal

Certains candidats à l’expatriation vers le Canada appréhendent la question relative à la langue notamment. On parle souvent de bilinguisme au pays à la feuille d’érable, mais la réalité est un peu différente. Hors Québec essentiellement, l’anglais domine un point c’est tout, et franchir le pas d’une expatriation en milieu anglophone n’est pas si simple. Oui mais voilà, et si l’usage de la langue de Molière était, plutôt qu’un handicap, un atout? C’est dans cet esprit que Mobilité Francophone voit le jour, assurer et promouvoir la dualité linguistique canadienne à travers tout le territoire de la confédération. L’un des objectifs du gouvernement canadien est bien d’accueillir davantage de professionnels étrangers francophones.

Et si on définissait un peu plus Mobilité Francophone?

En une seule phrase, on pourrait aisément dire que le programme vise à faciliter et simplifier l’embauche de travailleurs qualifiés francophones, en dehors du Québec.

Mais alors, qu’entend-on par francophone?

Le glossaire CIC donne une définition peu satisfaisante: « Personne dont la langue maternelle est le français ou dont la première langue officielle au Canada est le français si sa langue maternelle est autre que le français ou l’anglais. » Peu satisfaisante disions-nous, car même à Statistique Canada, la définition ne fait pas consensus*. On lui préfèrera donc la définition ontarienne où les francophones sont « les personnes pour lesquelles la langue maternelle est le français, de même que les personnes pour lesquelles la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais, mais qui ont une bonne connaissance du français comme langue officielle et qui utilisent le français à la maison. » Apparaît en filigrane cette notion de français comme langue d’usage, qui sera appréciée par l’agent d’immigration. Si vous lui semblez trop léger dans la maîtrise du français il peut vous faire passer un entretien, voire exiger de lui présenter les résultats de TEF Canada (Test d’Évaluation de Français).

Un avantage significatif.

Le programme dispense les employeurs de l’Étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), qui est généralement obligatoire pour embaucher un travailleur étranger. Cette exemption d’étude (prouver que vous ne « volez » pas le travail d’un canadien ou d’un résident permanent), dont l’inscription est au demeurant plutôt onéreuse, est une aubaine pour les futurs employeurs qui n’ont désormais plus que 230$ de frais à s’acquitter, et du temps d’économisé.

Aussi, contrairement au Programme EIC, les citoyens de tous les pays, peu importe leur âge, peuvent bénéficier de Mobilité Francophone.

En résumé.

  • Le travailleur devra demeurer et exercer son activité professionnelle (cf offre d’emploi) en dehors du Québec pour bénéficier de la dispense d’EIMT.
  • Il faudra fournir ses données biométriques.
  • L’emploi figurant sur l’offre d’emploi doit faire partie des catégories 0, A ou B de la Classification Nationale des Professions (CNP) au Canada. Les professions de catégorie C ou D ne sont donc pas admises dans le cadre de Mobilité francophone.
  • Le français est sa langue d’usage, il la parle donc tous les jours.
    • L’évaluation de cette capacité linguistique est du ressort et à la discrétion de l’agent d’immigration.
    • Dans le doute, le Test d’Évaluation du Français (TEF) peut être requis. Si tel est le cas, un résultat du Niveau de compétence linguistique Canadiens (NCLC) de 7 ou plus est le seuil exigé du candidat.

L’embauche de travailleurs francophones.

On a parlé en préambule de travailleurs qualifiés francophones. Il faut entendre par là que le programme s’applique aux postes de gestion et aux postes techniques et spécialisés situés au sein des collectivités francophones en situation minoritaire, en dehors du Québec. Revenons sur cette histoire de catégories et sur la procédure d’embauche.

Tout d’abord, l’employeur doit soumettre une offre d’emploi avant que la demande d’un permis de travail soit lancée. Il devra donc se rendre sur le Portail des Employeurs, et payer 230$.

L’offre d’emploi présentée, on l’a évoqué, doit correspondre aux niveaux 0, A ou B. C’est quoi?

  • Niveau de compétence 0 : postes de gestion.
  • Niveau de compétence A : postes professionnels. Un diplôme universitaire est généralement requis des travailleurs afin d’être embauché pour ces emplois.
  • Niveau de compétence B : emplois techniques ou spécialisés. Les travailleurs doivent généralement posséder un diplôme collégial ou une formation d’apprenti au préalable afin d’être sélectionnés pour ces emplois.

Si vous avez un doute, ce lien vous aidera.

Ensuite, le travailleur francophone recruté pourra déposer une demande de permis de travail temporaire sur le site de CIC, ou par envoi postal au Bureau des visas le plus proche de son domicile. Faites attention, il est possible qu’on vous demande, pêle-mêle: une lettre de l’employeur, un contrat de travail, une preuve de visite médicale chez un médecin désigné ainsi qu’un certificat de police. Les frais pour une demande de permis de travail s’élèvent à 155$, et comme toujours, le permis de travail ainsi délivré aura une validité équivalente à l’offre d’emploi ou à la durée du titre de séjour.

Une dernière chose enfin, il faut se méfier des professions réglementées (20% tout de même) pour lesquelles l’entreprise de démarches particulières devraient être entreprises auprès de leur ordre concerné, simplement pour pouvoir exercer ladite profession. Ne pas négliger donc. 

*Selon Jean-Pierre Corbeil, directeur adjoint, Programme du recensement de la population.

Pour aller plus loin: Immigration francophone.

Source: Gouvernement du Canada.

Crédits photo: Inspectimmo.

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3 Commentaires

  1. Christophe Iwens

    22 juin 2018 at 08:00

    bonjour , donc si j’ai bien suivi , comme chauffeur poids lourds CNP 7511 classe c , aucune possibilité de participer au programme mobilité francophone , mais en tant qu’instructeur auto moto école CNP 4216 classe b oui ,alors petite question pour éclaircir ma lanterne , au Quebec il faut 2 ans de permis (Québécois) et représenter tout les examens pour exercer la fonction d’instructeur , est ce la même procédure hors Quebec ? (Hors Quebec , quel est l’équivalent de l’Aqtr et de la Saaq) . Merci à vous , Continuez comme vous le faite , je vous lis depuis un bout de temps et ce sont des questions très pertinentes que vous soulevez .

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    • Houston MacDougal

      23 juin 2018 at 10:17

      Bonjour Christophe,
      Déjà, merci chaleureusement pour tous ces bons mots, ça fait plaisir!
      Alors, sur la procédure qui mène à l’exercice de la fonction d’instructeur hors Québec, pour être tout à fait transparent je ne la connais pas de manière spécifique. Celle-ci, cependant, devrait être propre à chaque province ou territoire, tout comme l’obtention du permis de conduire, dans la mesure où il n’y a pas d’uniformité en la matière sur l’ensemble du Canada.
      Ensuite, hors Québec toujours, l’équivalent de la SAAQ s’apprécie là encore selon la province. Par exemple, au Manitoba il s’agit de la SAPM, l’ICBC en Colombie-Britannique etc… quant à l’équivalent de l’AQTr, comme précédemment, tout est fonction de votre province de destination. Vous pouvez par exemple suivre une formation au Manitoba (pour garder l’exemple), au Red River College (tel qu’apparaît p2 sous Instructor Preparation Course de l’unité des permis d’auto-école). Ailleurs, ça sera probablement différent.
      J’espère que tout ceci vous aidera un peu.

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      • Christophe Iwens

        23 juin 2018 at 11:53

        Bonjour , quel rapidité j’en reste sans voix , tout grand merci pour la réponse , je crois que je vais continuer de prospecter dans les autres provinces Canadienne , j’aime trop mon travail . Merci .

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