L’Action de GrĂące / Thanksgiving.

action de grace

Tous les seconds lundis d’octobre, le QuĂ©bec cĂ©lĂšbre l’Action de GrĂące lorsque le reste du Canada fĂȘte Thanksgiving. Au final, s’il s’agit de la mĂȘme chose pour tous les canadiens, les europĂ©ens ne connaissent de cette rĂ©jouissance que son pendant amĂ©ricain pas si Ă©loignĂ©, celui qu’on nous bave au travers des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es oĂč des gens se mettent Ă  table pour se farcir une grosse dinde. Sans mauvais jeu de mots. Ce rituel qu’un français remplacerait bien par du chapon, est en rĂ©alitĂ© une tradition sĂ©culaire dont l’essence est un peu Ă©dulcorĂ©e aujourd’hui, mais qui a su prĂ©server l’essentiel: se rĂ©unir auprĂšs de ceux qu’on aime, et autour d’un bon repas qu’on engloutit sans trop de complexes, la ceinture desserrĂ©e d’un cran. Voire deux.

Les origines de la fĂȘte.

Elles sont multiples et peuvent donner lieu Ă  controverse, notamment avec le grand voisin. À qui revient la paternitĂ© de la premiĂšre Action de GrĂące ne nous intĂ©resse pas vraiment, c’est une querelle de clocher.

  • Une arrivĂ©e Ă  bon port.

À Terre-Neuve en 1578, l’explorateur anglais Martin Frobisher rend grĂące Ă  Dieu d’avoir Ă©pargnĂ© son Ă©quipage (en partie) lors de pĂ©rilleuses traversĂ©es le menant d’Europe au Nouveau Monde. « Nous sommes arrivĂ©s sains et saufs, merci, bro. »

  • Une bonne entente.

Plus tard, c’est au tour des colons français, Samuel de Champlain en tĂȘte, d’organiser l’Ordre de bon temps. Le premier remonte au 14 novembre 1606. On ripaille en remerciement d’ĂȘtre toujours en vie, mais on le fait avec quelques voisins autochtones parce que plus on est de fous plus on rit.

  • Une dinde et des loyalistes.

AprĂšs la rĂ©volution amĂ©ricaine, les colons restĂ©s fidĂšles Ă  l’Angleterre vont s’Ă©tablir au Canada et apportent dans leur valise une tradition nĂ©e Ă  Plymouth (Massachusetts) en 1621: la fĂȘte de la moisson, cĂ©lĂ©brĂ©e devant moult victuailles et une gallinacĂ©e, la dinde.

Finalement, aprĂšs quelques fluctuations dans la date de cette cĂ©lĂ©bration, ce n’est que le 31 janvier 1957 que le Parlement proclame le deuxiĂšme lundi d’octobre jour d’Action de grĂące (fĂ©riĂ©): « une journĂ©e pour rendre grĂące au Dieu tout-puissant des bienfaits dont jouit le peuple du Canada ». Aujourd’hui le caractĂšre laĂŻc a supplantĂ© le sacrĂ©, on se repose, on passe du temps en famille et surtout, c’est l’occasion de se faire un bon gueuleton.

Gargantua se met Ă  table.

Puisqu’on cĂ©lĂšbre l’abondance (d’oĂč son symbole: la corne du mĂȘme nom) que dis-je, l’opulence presque et les bienfaits de la nature entre autres choses, le repas dĂ©diĂ© Ă  ce jour si particulier se doit d’ĂȘtre gĂ©nĂ©reux. Traditionnellement, on prĂ©pare une dinde farcie que l’on accompagne d’une sauce aux canneberges (airelles). Attention, votre palais se doit d’ĂȘtre averti des aigreurs intempestives de ces baies, et quand on n’aime pas, on ne sauce pas. Le tout est servi sur  son lit de  purĂ©e de patates douces. Parfois, une tarte aux noix de pĂ©can vient jouer les troubles-fĂȘte, mais c’est bel et bien la tarte Ă  la citrouille, cĂ©lĂšbre pumpkin pie, qui vient mettre un point d’honneur Ă  ce gargantuesque festin (on se sera resservi au moins 2 fois, de tout, si si).

thanksgiving

Crédits photo: (1) Wanted in Rome; (2) Thanksgiving.

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2 Commentaires

  1. Houston MacDougal

    6 octobre 2016 at 09:12

    Les cookies Ă  la citrouille de Lucette sont les meilleurs au monde!

    RĂ©pondre

  2. Athena

    26 octobre 2016 at 17:16

    Ça ferait un bon repas de NoĂ«l aussi 😉

    RĂ©pondre

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