Faire connaissance avec la (putain de) sloche.

slush

Beaucoup se sont essayés, par défi sémantique ou rigorisme intellectuel, à fournir une définition la plus exacte qui soit de la sloche. On va y revenir en vous parlant même de racines, mais on s’est dit que quelques photos faisaient tout aussi bien le travail. Regardez. Comme quoi, parfois un bon article tient vraiment à peu de choses et ce n’est nullement question de flemmardise, mais au contraire de souvenirs, d’appréhension, de bleus aux fesses, de chaussettes mouillées et de pieds froids. Parce que oui, qu’on se le dise, la sloche, c’est le Mal.

Les néo-linguistes tirent du mot sloche son essence britannique désormais francisée, bienvenue au Québec, slush, qui se traduit par tout un tas de termes que l’on reprendra à notre compte, la neige fondante ou fondue, la gadoue, la boue. La vérité, aussi infâme soit-elle, c’est ça: la sloche n’est qu’un amas de bouillasse, de chiasse et autre mélasse froide. De ce point de vue, qui confine à la définition même du mot un côté un peu dégueu, nous sommes bien loin des interjections et autres circonvolutions propre à un débat qui ne nous sied guère: la sloche, c’est de la saloperie, et c’est marre.

Plusieurs définitions, une seule sloche.

Car c’est bien là toute la difficulté puisque finalement, la sloche est un état, un momentum, une mauvaise blague. Cyclique, elle fait corps avec les éléments pour venir emmerder son petit monde en temps voulu. Et celui qu’elle a choisi c’est le printemps, là où le thermomètre reprend quelques couleurs lorsque la nature s’éveille à nouveau. Goguenarde, elle l’est, mais nous lui préférons un tout autre qualificatif que nous partagerons lorsqu’elle vous aura joué des tours à vous aussi.

  • Conception houstonienne: c’est de la soupe crado, de la vraie saloperie.
  • Conception réaliste: c’est un entre-deux, entre de la neige et de l’eau, en sale. De la neige gorgée d’eau, en somme, qu’on appelle également névasse.
  • Conception speudo-scientifique: il s’agit de la neige fondante salie par du calcium (utilisé pour déneiger) et diverses saletés qui abaissent le point de fusion de la neige et qui forment le mélange semi-aqueux (on a pompé cette définition au wiki).

Vous l’avez compris, la sloche c’est ce petit bouillon au bord des routes, des trottoirs, sous la fine couche de neige propre, dissimulée, cachée, prête à bondir sous la pression d’une semelle sur les murs, les passants, au passage d’un bus. Rappelez-vous, la sloche, c’est le Mal.

sloche

Pourquoi cette haine?

Loin de nous l’idée de vous soumettre toute une litanie de déconvenues subies avec la sloche, on vous laisse un peu la surprise. N’empêche, c’est tentant. Allez, on craque, on balance juste un petit florilège.

  • Elle se stocke sous les semelles et autour des chaussures. Deux inconvénients à cela: d’abord elle vous alourdit, et ensuite elle se répand en flaque boueuse sur votre parquet en rentrant, ou celui de vos amis.
  • La sloche est sale et partageuse, vous ne resterez pas très propre longtemps.
  • Elle dissimule les profondeurs. Vous pensiez avoir pied? Bah non.
  • Aucune manœuvre d’évitement n’est suffisamment sécuritaire, dehors la sloche est partout, surtout au niveau du passage piéton, et en éclaboussures sur votre pantalon après le passage d’une voiture.
  • À défaut d’avoir de bonnes chaussures (des bottes), munissez-vous de chaussettes étanches et chauffantes… ça n’existe pas? Faites un peu gaffe alors…
  • Un saut de sloche est comme un saut dans l’inconnu, toujours risqué.
  • S’il gèle la nuit, elle se transforme en verglas. Tu la visualises la pente? T’es serein ou pas?
  • Une faute d’inattention, une erreur de jugement, c’est la défaite et potentiellement le cul endolori, il faut le savoir.

 

sloche

Crédits photo: (1) The Global and Mail; (2) bloguetrotteur; (3) signelinguistique.

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4 Commentaires

  1. Sybé

    20 mars 2017 at 14:08

    Bel humour imagé et poétique à parler de cette sloche si « dégueu ». Je me suis tout bonnement régalée à la lecture de de cet article.

    Répondre

    • Houston MacDougal

      21 mars 2017 at 13:16

      Voilà qui fait plaisir, merci 😉

      Répondre

  2. Slush

    12 avril 2017 at 17:50

    Je n’aurais pas mieux dit! « La sloche c’est le mal » 🙂

    Répondre

  3. Didier

    18 avril 2017 at 03:49

    C’est ennuyant cette sloche, mais ça fait partie intégrante des souvenirs canadiens qu’on ramène chez soi avec un sourire en coin

    Répondre

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