Conduire au Canada avec un permis français.

conduire

Le principe d’une fédération, c’est qu’on est tous ensemble, mais chacun dans son coin. Du coup, chaque province passe des accords avec les pays qu’elle veut en matière de reconnaissance du permis de conduire, et les ressortissants des uns et des autres sont soumis à des règles différentes (pas de reconnaissance pour l’U.E par exemple, on agit au cas par cas). Passez la frontière et votre statut change. Il n’y a pas d’uniformisation au sein de la fédération canadienne en matière de permis de conduire, les étrangers doivent s’adapter, comme les canadiens eux-mêmes dans leur propre pays. On appelle ça la facilité.

Rassurez-vous, les français font partie des mieux lotis, et votre seul permis de conduire national vous servira sur presque l’intégralité du territoire canadien, pour une période comprise entre 2 et 12 mois. De notre côté, on vous suggère néanmoins d’avoir avec vous votre permis international, c’est toujours mieux. Voici le détail.

Alberta.

Pour ceux qui veulent s’installer, sachez que cette province a signé des accords de reconnaissance réciproque et d’échange du permis de conduire avec plusieurs pays, dont la France (mais pas l’intégralité des pays de l’U.E). Il vous suffit d’échanger votre permis national contre une licence équivalente en Alberta (même classe de véhicule etc…). Les modalités sont .

Pour les visiteurs, vous devez être titulaire du permis de conduire international. Il vous permettra de conduire pendant toute une année entre Calgary et Edmonton, voire Grande Prairie et Fort McMurray pour les plus courageux.

Colombie-Britannique.

Depuis le 30 novembre 2010, la province de Colombie-Britannique délivre un permis de conduire local sur simple présentation d’un permis de conduire français. Ceci concerne exclusivement les permis de catégorie B. Seuls les français résidant en Colombie-Britannique pour plus de trois mois sont concernés.

Les visiteurs quant à eux peuvent conduire en Colombie-Britannique avec un permis français pendant 3 mois. Ce délai peut être doublé dans certaines conditions.

Île du Prince Édouard.

Si votre permis de conduire original a été délivré en France ou en Suisse (et d’autres, un peu comme en Alberta), vous pouvez obtenir un permis de conduire de l’Île-du-Prince-Édouard à n’importe quel bureau d’accès à l’Île, sans subir d’examen écrit ni passer d’épreuve de conduite. Cette règle ne s’applique qu’aux permis de conduire pour les véhicules de tourisme et les motocyclettes.

Dans tous les cas, si vous détenez un permis de conduire valide de votre lieu d’origine et/ou (s’il y a lieu) un permis de conduire international pendant une période de 4 mois à compter de la date où vous devenez résident. Il faut détenir un permis de conduire international lorsque le permis étranger n’est pas en anglais ou en français.

Manitoba.

Depuis 2009, vous pouvez échanger votre permis de conduire français B, contre un permis Class 5 Licence du Manitoba. Retrouvez toutes les modalités ici.

Dans tous les cas, votre permis de conduire d’origine vous permet de rouler sans inquiétude pendant 3 mois.

Nouveau-Brunswick.

Votre permis de conduire étranger ou international reste valable pendant 3 mois, après quoi, il faut obtenir un permis du Nouveau Brunswick valide, d’autant plus si vous souhaitez vous installer (accords de réciprocité avec la France, donc échange possible).

Nouvelle-Écosse.

Les visiteurs ou les nouveaux résidants (oui, on l’écrit comme ça) qui sont déjà titulaires d´un permis de conduire valide d´une autre partie du Canada ou d´un autre pays peuvent conduire en Nouvelle-Écosse pendant un maximum de 90 jours (3 mois, bravo) sans obtenir un permis de conduire de la Nouvelle-Écosse. Au-delà de 90 jours, vous devez obtenir un permis de la Nouvelle-Écosse.

Nunavut.

On vous met directement en lien la demande de permis de conducteur puisqu’on est consciencieux. Mais nous gageons que vous serez très peu à mettre les pieds au Nunavut, moins encore à y conduire: c’est un territoire lointain et difficile d’accès.

Ontario.

Quand vous vous installez en Ontario, vous pouvez utiliser un permis de conduire délivré par une autre province, un autre État ou un autre pays pendant 60 jours. Arrivé au terme de la période, vous devez le remplacer par un permis de conduire de l’Ontario. Autrement dit, le permis des simples visiteurs n’est plus valable au-delà de ces 60 jours.

Comme pour nombre d’autres provinces, il existe des accords pour échanger votre permis d’origine contre un permis de conduire ontarien (français, belges ou suisses notamment en bénéficient).

Québec.

Vous pouvez, pendant 6 mois consécutifs, conduire un véhicule autorisé par votre permis de conduire national. Un tour du poteau, un séjour aux USA, et le compteur repart de zéro. Si vous êtes titulaire d’un permis de conduire international, vous pouvez conduire pendant la durée de ce permis, soit 3 ans (rappelez-vous, pour qu’il soit valable vous devez avoir avec vous aussi votre permis de conduire national, sinon ça ne fonctionne pas). Dans l’un ou l’autre de ces cas, vous n’êtes pas tenu d’être titulaire d’un permis de conduire du Québec, si vous respectez les conditions suivantes :

  • être titulaire d’un permis de conduire valide délivré par votre administration d’origine;
  • respecter les conditions spécifiées sur votre permis;
  • conduire uniquement un véhicule autorisé par votre permis.

Donc, vous l’aurez compris, n’oubliez pas de faire votre permis international dans la préfecture de police dont vous dépendez.

Pour ceux qui s’installent, vous devez obtenir une licence québécoise au plus tard 6 mois après votre installation (accords d’échange du permis de conduire France/Québec). Mais comme la plupart des étrangers n’ont pas systématiquement leur titre de séjour sur eux, j’aime à penser qu’un permis international fait largement l’affaire en cas de contrôle, si vous dépassez de quelques mois la limite, tant que ce dernier est valide.

Saskatchewan.

Avec votre permis français, vous pouvez conduire 3 mois au Saskatchewan. Certains pays (Suisse, Royaume-Unis…) ont des accords, pas la France. Donc, pour obtenir un permis de cette province si vous voulez vous y installer, différents documents seront nécessaires (dont un permis international, une preuve de votre dossier de conduite etc… voir ici).

Terre-Neuve et Labrador.

Nous vous dirigeons vers leur site à l’ergonomie douteuse, pour trouver les informations nécessaires. Je confesse être un peu dépassé. Dans l’absolu, il n’y a pas de raison que vous ne puissiez pas conduire avec un permis international, pour une durée d’au moins 90 jours, mais sait-on jamais…

Territoires du Nord-Ouest.

Vous devez savoir faire du drift sur glace. Pour ça, entrainez-vous au Trophée Andros. Sinon, on vous laisse ce lien.

Yukon.

Vous pouvez vous servir d’un permis de conduire valide provenant de l’extérieur du Yukon pendant vos quatre premiers mois de résidence dans cette province (120 jours). Après cela, vous devrez obtenir un permis de conduire yukonnais auprès d’un bureau des véhicules automobiles de votre lieu de résidence.

Attention, il existe des accords de réciprocité en matière d’échange de permis de conduire, entre la France et plusieurs Provinces.

Crédits photo: Nemo.

Sources: Service Canada, Société de l’assurance automobile.

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8 Commentaires

  1. Thierry Lefèvre

    20 mai 2014 at 16:58

    Savez-vous si l’on peut conduire en France avec un permis canadien? Ce serait pas mal comme le processus canadien est plus simple que celui de la France. Ça coûte cher en plus.

    Thierry

    Répondre

    • Houston MacDougal

      20 mai 2014 at 17:44

      Vous pouvez conduire en France avec un permis canadien pendant un an (et détenir un permis international avec vous). Au-delà, vous devez procéder à l’échange de celui-ci impérativement, et cela ne concerne que la catégorie de véhicules B (jusqu’à 3.500kg et jusqu’à 8 passagers) si vous vous avez obtenu votre permis initial dans toutes les provinces sauf une: le Nouveau-Brunswick. Là, tous les permis de toutes les catégories peuvent être échangés avec un permis de conduire français équivalent. Les chanceux, mais ça résulte d’accords bilatéraux qui ne concernent que la catégorie B entre la France et toutes les autres provinces. Toutes les infos: http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1459.xhtml

      Répondre

  2. Michel

    19 août 2014 at 10:36

    Donc en gros si on veut s’expat’, mieux vaut passer son permis au Canada, quitte à l’échanger une fois revenu en France. Belle feinte quand on l’a pas encore passé dans l’hexagone.

    Répondre

  3. Frédéric

    2 mars 2015 at 16:04

    Bonjour !

    Si j’ai bien lu, il existerait un accord de réciprocité spécifique du permis de conduire entre la France et la Province du Nouveau-Brunswick.

    Cette accord ne limiterait pas l’échange au seul droit de conduite d’une voiture (catégorie B = classe 5 = catégorie B).

    Si l’on possède d’autres catégories ou classes (camion, moto, autocar), elles sont également échangées.

    C’est bien ça, hein ?

    Si jamais cet accord est consultable en ligne, cela m’intéresse.

    Merci par avance pour votre réponse, Fred.

    Répondre

    • Houston MacDougal

      2 mars 2015 at 16:33

      Salut,
      Cet accord existe bel et bien s’agissant du Nouveau-Brunswick, mais l’échange ne concernerait que les classes 5, 6 ou 6D. Voici deux liens qui pourraient vous intéresser: le permis de conduire pour les nouveaux résidants, et le manuel du conducteur.

      Répondre

      • Frédéric

        2 mars 2015 at 18:28

        J’avais consulté ces liens, merci.

        Le lien « nouveaux résidents » n’est pas très clair, les classes 1 et 2 (camion, autocar) ne sont clairement citées ou exclues des conditions d’échange énoncées. On a l’impression que cette page s’adresse avant tout aux conducteurs de véhicules légers (voiture et/ou moto).

        Or, moi ce qui m’intéresse, c’est bien le permis camion !

        J’ai relevé sur le site de la diplomatie française que le NB échange « toutes » les catégories du permis de conduire français, c’est-à-dire, voiture, moto, mais aussi camion et autocar.

        La liste est disponible au milieu de cette page au format PDF :

        http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/vivre-a-l-etranger/preparer-son-expatriation-22367/permis-de-conduire-international/

        De plus, selon une circulaire ministérielle française, les préfectures françaises échangent toutes les classes d’un permis de conduire canadien dès lors que le permis a été délivré par le NB (ce qui n’est pas le cas pour les permis délivrés par d’autres provinces).

        Lien vers la circulaire en question, voir la liste des pays à l’annexe 2 à la page 29 de la circulaire :

        http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2012/10/cir_35951.pdf

        A priori, si la France échange toutes les classes canadiennes délivrées par le NB, le principe de la réciprocité étant, il serait bien logique que le NB échange toutes les catégories françaises, non !?

        J’ai alors posé la question par mail au service administratif en charge du permis de conduire situé à Fredericton mais je n’ai pas eu de réponse, alors j’ai aussi posé la question au Consulat de France situé à Moncton, je vais bien voir si j’obtiens une réponse de ce côté là …

        Je me permets donc de réitérer ma demande, si vous avez un lien permettant de consulter l’accord de réciprocité entre la France et le NB, cela m’intéresse.

        En tout cas, merci pour cette réponse éclaire !
        Fred

        Répondre

        • Frédéric

          2 mars 2015 at 18:40

          Euh, bravo pour ce site !

          Répondre

          • Houston MacDougal

            3 mars 2015 at 09:30

            Merci!

            Sur le message précédent, il semble que vous ayez entièrement raison, d’autant qu’il apparaît d’après les documents français que le Nouveau-Brunswick soit la seule province à ne pas limiter l’échange aux permis de classe B. Le seul texte que j’ai pu retrouver concerne la Loi sur les véhicules à moteur et traite de la compétence du ministre sans faire état des parties signataires des accords, en tout cas on n’a pas le détail de chaque accord ni la source (voir paragraphe 79 page 66). Pour une recherche plus poussée, vous pouvez consulter le site des lois et règlements du Nouveau-Brunswick en espérant que vous ayez plus de chance puisque ma compétence s’arrête malheureusement là. N’hésitez surtout pas à relancer l’administration du Nouveau-Brunswick. Merci à vous!

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