Traverser la frontière canado-américaine en train.

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Si ce mode de transport est une évidence en Europe, en Amérique du Nord c’est une tout autre histoire. Densité du réseau faible, lignes utilisées massivement pour le fret et non pour le transport des voyageurs, sont autant d’arguments qui vous font privilégier la route ou les airs, plutôt que le rail. Dommage, et pour plusieurs raisons. D’abord parce que les trains sont à l’image du continent américain: spacieux et larges, ils sont donc très confortables. Ensuite, ils permettent de passer par des endroits vierges de routes et où les paysages n’ont pas été façonnés par la main de l’homme (à part la voie de chemin de fer, bien entendu). Le coût d’un billet est sensiblement identique à celui du bus, meilleur marché, de loin, que l’avion et la voiture si l’on voyage seul.

Question formalités, le cœur de notre sujet, plusieurs choses sont à savoir. D’abord, si vous êtes mineur, américain ou canadien, vous n’êtes a priori pas notre cible. Reportez-vous aux sources (fin de l’article), mais sachez d’ores et déjà qu’un mineur doit être accompagné, et qu’un passeport valide est suffisant pour les autres.

Exigences: réservation/départ

Puisque vous allez passer d’un pays à l’autre, vous devrez fournir certaines informations lors de votre réservation. Ce sont des renseignements classiques, tels que: sexe, date de naissance, citoyenneté, pièce d’identité etc. Ils constitueront votre dossier de réservation qui sera fourni aux agents des douanes et de l’immigration, afin de faciliter votre passage. Attention aux coquilles, relisez-vous. Si vous transmettez des informations inexactes ou incomplètes, vous prenez le risque d’un interrogatoire poussé à la frontière.

Vous devez aussi acheter vos billets avant 8h30 le jour prévu de votre voyage, ceci pour que votre nom soit transmis aux autorités américaines si vous partez du Canada. Passé cette heure, vous risquez de ne pas pouvoir traverser.

Lors du départ et de votre passage frontière justement, munissez-vous des mêmes pièces d’identité qui ont servi à réserver vos billets. Le plus simple est de n’utiliser que votre passeport, on évite ainsi les oublis.

Documents requis

Nous l’avons évoqué, le passeport reste la pièce majeure. Pas besoin de les empiler et de toute façon, puisque vous êtes à l’étranger on ne regardera que celui-là. S’il y a lieu, votre passeport contiendra un visa. Un permis d’entrée est également valable. Vous devez remplir le Formulaire I-94W, direction wagon-bar quand on ne vous l’a pas donné auparavant.

Si vous êtes résident permanent américain, vers le nord vous n’avez besoin que de votre passeport; vers le sud votre carte de RP et le Formulaire I-551. Si vous êtes résident permanent canadien, vers le nord votre carte de RP; vers le sud votre passeport.

Les documents en trompe l’œil puisqu’ils ne marchent plus: permis de conduire; certificat de naturalisation; certificat de citoyenneté canadienne; certificat de naissance seul.

Dans la pratique

À moins que vous ne partiez de Vancouver, où il est fortement conseillé de se présenter plus d’une heure avant votre départ, afin de répondre aux formalités du poste frontalier; vous n’aurez strictement rien à faire. À la frontière, ce sont les agents qui viennent à vous. Là, tranquille dans votre siège, l’interrogatoire usuel et la vérification de vos documents d’identité débute: vous venez d’où, vous allez où, pourquoi, combien de temps, vous faites quoi dans la vie.

Après ça, et si on ne vous a pas fait descendre du train parce que vous êtes louche, vous verrez déambuler un chien dans le couloir, qui piste les mules et autres trafiquants en tous genres. La consigne est très claire, ne le touchez pas. La caresse est égale à un ticket de 10 ou 15$, et s’il vous mord, le prix est le même.

À titre d’exemple, on s’est rendu à NYC depuis Montréal. Pas de souci pour passer la frontière, qui se fait d’ailleurs plus vite qu’en bus en proportion. Entendez par là que, si le train est bondé, ça peut durer longtemps. Toujours dans la comparaison bus/train, question prix, c’était kif-kif mais avec plus de confort et de plus beaux paysages. Placement libre également. Le point noir: le temps de trajet. Le train c’est beau, c’est bien, mais qu’est-ce que ça peut être long!

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Sources: U.S Customs and Border Protection, Agence des services frontaliers du Canada.

Liens utiles: VIA Rail Canada, Amtrak. Une canadienne, une américaine, ce sont les seules compagnies qui passent d’un pays à l’autre.

Site recommandé incontournable: seat61 (en anglais).

Crédits photo: abdallahh, natsan.

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Un commentaire

  1. Cabaret Voltaire

    5 août 2014 at 05:10

    « Faut-il réagir contre la paresse des voies ferrées entre deux passages de trains? »
    Marcel Duchamp, dadaïste convaincu et convaincant.

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