À travers le Yukon sur la route de l’Alaska.

alaska highway

Devenue mythique au fil des ans, la route de l’Alaska traverse le Yukon sur près de 1.000 km. Si vous rêviez d’un road trip hors-norme, vous êtes alors sur la bonne voie, puisque ce sont des paysages grandioses que vous vous apprêtez à découvrir, où la nature sauvage s’impose à vous sans restriction. Faites l’expérience de la route N°1 et du Nord canadien, et vivez une aventure unique.

L’Alaska Highway: un brin d’Histoire.

Construite en 8 petits mois seulement, entre 1942 et 1943, la route est à l’origine un projet militaire connue sous le nom d’Alcan, qui s’étend aujourd’hui de Dawson Creek en Colombie-Britannique, à Fairbanks en Alaska. Les travaux de cette bagatelle, de près de 2.500 km, avaient jusqu’alors toujours été rejetés par le gouvernement canadien, qui voyait mal l’intérêt d’un tel coût de construction profiter à quelques milliers de ses concitoyens seulement. La Guerre du Pacifique, la menace japonaise après le bombardement de Pearl Harbor et l’invasion des îles Aléoutiennes sont venues changer la donne, la liaison terrestre entre l’Alaska et le reste du continent devait impérativement voir le jour. 10.000 militaires, et plus de 15.000 civils américains et canadiens ont ainsi participé à cet ouvrage, construit en un temps record.

Chemin de terre, chemin de rondins sur le muskeg à perte de vue, boueuse,  elle devient une route de gravier permanent en 1944, et ouverte sans restriction à la circulation après la guerre, en 1947. Depuis, l’asphalte a recouvert tout son tracé, et les ponts flottants, puis progressivement les ponts de bois ont été remplacés par l’acier.

 

hangar

Quelques infos.

On aurait tort de partir comme ça, la fleur au fusil, en s’imaginant qu’un pouceux arrive toujours à destination. Ça pourrait être vrai si l’on a l’éternité devant soi et qu’on est immunisé des intempéries, ou si le voyage aux côtés d’un trucker américain était le gage d’une visite contemplative réussie. Après tout, le mec est pas guide touristique, pis faut bien qu’il livre. Restez plutôt libre de vos mouvements.

  • La saison idéale?

On ne va pas vous mentir, c’est l’été. Rappelez-vous que vous êtes quand même très au nord, avec tout ce que ça implique, donc les mois les plus chauds sont les plus agréables pour profiter du Yukon et rouler avec un minimum de confort. Le reste du temps, les conditions peuvent vite devenir extrêmes, et elles le seront. Il vous faudra dès lors avoir un équipement à toute épreuve, pour vous comme pour votre véhicule. Pis bon, l’hiver à -40° ça caille, et profiter des paysages en plein blizzard, on a connu mieux.

  • On the road, sur quatre roues.

On imagine tout à fait pouvoir se faire la Route de l’Alaska en bécane (surtout au sud du 60ème parallèle), sur une trail comme la GS du paternel, mais sous ces latitudes on préfère quand même dormir dans la voiture plutôt que sous la tente, en cas de besoin. Du coup, on laissera les plus téméraires ou les plus passionnés, on sait qu’il y en a, le soin d’apporter leur témoignage. Optez donc pour un véhicule plutôt confortable (pick-up, camping-car, WestFalia pour ceux qui savent voyager avec du style…), qui n’a pas peur d’avaler des kilomètres. Il est conseillé de rouler avec les phares allumés en tout temps. Quelques outils (en cas de pépins mécanique), une petite roue de secours et vous êtes presque parés. Gardez toutefois un œil sur la jauge de réservoir, les distances entre chaque pompe peuvent être longues.

  • Les indispensables.

On pense tout de suite aux bonnes vieilles cartes routières à papa, parce que c’est toujours la classe un road trip à l’ancienne. Bien entendu, votre passeport, et votre permis international (c’est plus prudent) en plus de votre permis régulier, viendront alourdir un peu votre portefeuille, mais vous y êtes habitués.

 

pont route alaska

Quelques lieux qu’il faut voir.

Il ne s’agit pas d’établir une feuille de route, puisque, ce qu’il y a de magique à se laisser porter dans une escapade sauvage, c’est également de se perdre. Encore faut-il oser sortir quelques fois des sentiers battus. Néanmoins, il y a quelques « petites choses » qu’il serait dommage de louper. On en révèle quelques-unes et on vous laisse la surprise pour tout le reste. Allons du sud vers le nord.

  • La forêt de panneaux indicateurs.

Depuis peu classé lieu d’intérêt historique, puisqu’il rappelle la construction de la route, on retrouve cette forêt particulière à Watson Lake. Pour la petite histoire, et savoir de quoi il en retourne: « En 1942, Carl Lindley, un soldat américain de Danville, en Illinois, a ajouté un panneau portant le nom de sa ville, à côté d’une borne kilométrique de l’armée durant la construction de la route de l’Alaska. (…) Depuis, des touristes de partout dans le monde ont ajouté plus de 75 000 panneaux indicateurs à la forêt, qui est située au carrefour de la route de l’Alaska et de la route Robert-Campbell*.« 

  • Le centre du patrimoine tlingit de Teslin.

Sur les rives du lac, vous en apprendrez beaucoup sur l’histoire et la culture des Tlingits, peuple des Premières Nations.

  • Whitehorse, une escale dans la capitale.

Puisque l’effervescence urbaine vous manquait déjà, il y a là presque la totalité de la population du Yukon, alors profitez-en!

  • Haines Junction et le parc national Kluane.

Un petit village de montagne de 600 âmes où il vous faudra faire une halte au centre d’information touristique, avant de tailler la route dans le parc: site inscrit au patrimoine mondial. Sur place, vous comprendrez pourquoi.

  • Beaver Creek.

Ici s’achève la section canadienne de la route de l’Alaska, et c’est le point de départ d’un nouveau périple peut-être, si vous souhaitez franchir la frontière et passer en territoire américain. Si c’est le cas, regardez votre montre, il est déjà une heure de moins.

kluane yukon

Le site indispensable: Tourisme Yukon.

*Gouvernement du Yukon.

Crédits photo: fotolia.com; Peter von Gaza; Chad Teer, brigachtal.

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6 Commentaires

  1. Gilles

    20 septembre 2015 at 17:06

    Mon côté « Wild » m’intime de faire un tel voyage…

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    • Houston MacDougal

      23 septembre 2015 at 08:33

      Écoute-le! 😉

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  2. Michel et Michelle

    8 décembre 2015 at 13:18

    Il commence peut-être à faire un peu trop froid pour la Route à cette époque de l’année mais c’est sûr que nous la parcourrons l’été prochain! Quelle aventure nous attend!

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    • Hélène B.

      5 juin 2017 at 23:06

      Je rêve de partir d’Anchorage en Alaska et redescendre jusqu’au Mexique en prenant, évidemment cette Alaska Highway…

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  3. Born to be Free

    18 juin 2017 at 12:46

    Avec la Transcanadienne, l’Alaska Highway fait partie des choses que j’aimerais vraiment faire à bécane 🙂

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    • Houston MacDougal

      18 juin 2017 at 15:33

      Ça fait des bornes, mais y’a moyen d’avoir du fun!

      Répondre

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